Bacalar : un village magique bordé d’une lagune émeraude

Assise au bord de la lagune homonyme, la petite ville de Bacalar (11 000 habitants) offre une alternative de choix aux vacanciers que l’irresponsable tourisme de masse de la Riviera maya répugne. Calme et enchanteresse, guère défigurée par la quincaille et la débauche consumériste, Bacalar (et ses environs) offre au visiteur de nombreux agréments qui en font un lieu de villégiature privilégié pour quiconque voyage dans la péninsule du Yucatán.

Les voyagistes vous vendent du « paradis » clefs en main, à Cancún ou Playa del Carmen ? Well, well : tandis que les touristes insouciants s’amusent dans les resorts en carton-pâte, tandis qu’ils se font plumer dans des espaces où tout, presque jusqu’au sourire, est payant, ceux qui les servent sont exploités éhontément. Autrement dit : le revers dudit « paradis », c’est le désastre social et écologique (lisez, à ce sujet, cet article d’Echo Way et ce récit de voyage). Du soleil et de l’eau turquoise chaude à ravir, il y en a aussi à Bacalar – et pour moins cher, et surtout sans être entouré de hordes de touristes ni porter atteinte à la population locale.

Depuis Cancún, le trajet en bus ADO vous coûtera 260 Pesos, soit une quinzaine d’Euros par personne. Six heures de route et vous voilà à Bacalar. En 2006, ce village lagunaire recevait le label de « pueblo mágico » (village magique), créé en 2001 par le Secrétariat du tourisme mexicain (Sectur) pour valoriser diverses petites localités en vertu de leur beauté naturelle et/ou de leur richesse culturelle ou historique, et tenter donc de diversifier le tourisme au Mexique.

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Située sur la lagune homonyme, Bacalar a cette paisible lenteur des villages ensoleillés. Rien de clinquant ou de bruyant, ici, mais un cadre naturel aussi reposant que luxuriant. Au gré des promenades dans les rues de la ville, peut-être aurez-vous la chance de rencontrer quelques personnages surprenants, exubérants ou généreux, comme « El Mono blanco », joueur de tambour drolatique et perché, ou bien « Tacho », poète et fier ambassadeur du Yucatán en sa qualité de vainqueur du concours des Super papys de l’État du Quintana Roo – qui, si vous le lui demandez, vous fera peut-être l’honneur d’une déclamation de sa belle ode à Bacalar.

Son rythme lent, son atmosphère détendue et son cadre simple et dépourvu d’agressions publicitaires et marchandes font de Bacalar un lieu de séjour hautement recommandable à tout voyageur en quête d’un lieu de pure tranquillité. Voici nos quelques conseils, fatalement non exhaustifs, pour un séjour à Bacalar : ils sont moins dus à une exploration détaillée et comparative des bonnes adresses, qu’aux hasards de nos marches ou des conseils donnés par les locaux.

Parole d'expert

Rachid, agent local au Mexique

« Que dire de cette magnifique lagune, sinon qu’elle est probablement l’un des plus beaux plans d’eau du Mexique et peut être du continent? Ses tons passent du bleu turquoise au vert émeraude ou du bleu ciel a un bleu électrique selon la profondeur ou le moment de la journée. Cette particularité lui a donné le nom de « Lagune aux sept couleurs ». Offrez-vous une balade en kayak sur ses eaux tranquilles à la découverte de la faune et de flore typiques de cette région. Avec un peu de chance vous croiserez un crocodile nonchalant ou le vol d’un pélican gris a l’affût. Le village homonyme possède un charme suranné, peut-être grâce à ses maisons décolorées ou à la nonchalance de ses habitants, mayas, métis ou garifunas (anciens descendants d’esclaves) venus du Bélize tout proche.

Si vous disposez d’un peu de temps, faites-vous un petit trip à vélo pour découvrir un village mennonite (une communauté un peu semblable aux Amish des Etats-Unis) : vous les croiserez en calèche noir avec leurs costumes. Bref, un vrai coin de paradis. J’allais oublier : si vous êtes fan de fonds marins, à 1h30 de trajet depuis Bacalar, allez plonger sur le récif de Cayo Chinchorro, une merveille naturelle encore loin des grand flux touristiques ».

Rachid, agent local au Mexique

Où loger à Bacalar ?

* El Nido del Quetzal. Tenue par un jeune couple, cette maison d’hôte a beaucoup de lézards, de moustiques… et de charme. Situé à deux minutes de la lagune, il dispose d’une terrasse et d’un jardin très agréables, d’un barbecue et d’une cuisine (dont l’utilisation demande un surcroît de 50 pesos. La chambre de deux lits doubles (avec douche) nous est revenu à 420 pesos (26€) par nuit, pour trois personnes (un couple et un célibataire), soit 8,50€ la nuit par personne. A l’occasion, si l’hôtesse, Alejandra del Valle, est d’humeur à cuisiner, elle vous proposera peut-être, comme à nous, une part de gâteau au chocolat et du café glacé (20 pesos, 1,20€).

Le lieu vous permettra d’observer de nombreux lézards, dans le jardin et sur les murs et plafonds. Armez-vous tout de même de crème et de spirales anti-moustiques (que vous mettrez à brûler en quittant la chambre pour vous promener) ou d’une moustiquaire, faute de quoi ce sera open bar pour les moustiques sur tout votre corps – et démangeaisons furieuses les jours suivants !

Contact : E-mail : nidodelquetzal/at/hotmail.com ; téléphone : (0052-1) 983 12 67 992.

Où manger et boire ?

* La Marisquería Mary : hormis les plats habituels, dont un recommandable ceviche de crevettes, ce restaurant propose des crevettes panées à la chapelure de coco râpée. Goûtez donc ce plat : vous en redemanderez.

Crevettes panées à la chapelure de noix de coco râpée, patates et bananes plaintain frites, riz et crudités.

* In Chi Ich : sur la place centrale, cette petite échoppe propose des jus de fruits et licuados (c’est-à-dire des smoothies) à des prix dérisoires. Pour avoir goûté le jus de mangue – demandez-le sans sucre – au miel, nous ne pouvons que vous invitez à y aller : un régal… en grand format (bidon de 75 cl).

* Autres : c’est une évidence, mais le marché et les épiceries locales offrent des produits frais du cru. Si vous disposez d’un barbecue, achetez donc les saucisses locales, faites au village.

Que voir, que faire à Bacalar ?

* La lagune : une évidence, là encore, car c’est le point d’attrait principal de la ville. Une lagune bleu turquoise et translucide, chaude (une trentaine de degrés), avec peu de profondeur – donc aucun risque pour les enfants. Si l’accès est empêché à divers endroits par les propriétés privées (notamment les hôtels), quelques passages débouchent sur des pontons. Ô Bacalar, donne-nous aujourd’hui notre bain quotidien !

* Le fort San Felipe : construit entre 1725 et 1733 pour prévenir les attaques des pirates (français, britanniques, hollandais…) des Caraïbes, le lieu abrite le Musée de la Piraterie, exposant les objets de l’histoire locale et régionale, ou accueillant des concerts et des conférences (entrée : 50 Pesos, soit 3€).

* Activités nautiques : la lagune se prête à diverses activités nautiques. Plusieurs hôtels donnant sur la lagune proposent des locations de kayak ou de voilier. Par ailleurs, si la perspective – un peu onéreuse – d’une nuit sur la lagune, en catamaran, vous séduit, renseignez-vous au Rincón Pirata, où le barman féru de navigation vous renseignera avec plaisir.

* Cenote azul : nous vous avons déjà parlé des cenotes dont la péninsule du Yucatán regorge. Le cenote azul, tout près de Bacalar, n’est pas du même type que les exubérants et quasi fantastiques cenotes des alentours de Mérida et Valladolid : ne vous attendez-vous donc pas au même type d’enchantement. Il s’agit, au fond, davantage d’une sorte de lac à ciel ouvert, entouré de forêt. Vous pourrez y manger dans un restaurant à la décoration d’une exubérance hétéroclite jusqu’au kitsch et, bien évidemment, vous y baigner. Et, pourquoi pas ? tenter des plongeons audacieux depuis les branches de l’un de ces arbres impressionnants et tortueux qui jouxtent l’eau et s’y plongent.

* Promenade le long de la rive : prenez le temps, un matin, d’une belle, longue balade tout le long de la route longeant la côte lagunaire, par exemple en allant au cenote azul. N’oubliez pas de vous équiper d’eau. Puis regardez tout autour, la flore exubérante et colorée, la faune abondante (papillons, libellules, fourmis, oiseaux ; si vous avez autant de chance que nous, peut-être verrez-vous un renard farfouiller dans les poubelles ; si vous en avez plus que nous, vous pourriez même voir un puma, dont on nous dit qu’ils sortent la nuit pour en faire autant).

* Autour de Bacalar : vous pouvez envisager une excursion à Chetumal, capitale de l’État du Quintana Roo (30 pesos le trajet en taxi, soit 2€, ou 25 pesos en bus, soit 1,5€) pour y visiter le Musée de la Culture maya, considéré comme l’un des tout meilleurs du pays sur le sujet. Dans les environs, vous pourrez visiter plusieurs sites mayas du corridor archéologique : il s’agit de Kohunlich, Kinich Ná, Dzibanché, ainsi que Chacchobén, Oxtankah et Xpuhil. Et, si le cenote azul vous a déçu, allez voir le cenote cocodrilo dorado (« le crocodile doré »), lui aussi à ciel ouvert mais qui est l’occasion d’une belle balade et d’une descente en rappel.

Où faire la fête à Bacalar ?

* Rincón Pirata : donnant sur la route longeant la lagune, non loin d’ailleurs du Nido del Quetzal, ce bar à ambiance musicale est le lieu idéal pour quelques verres en soirée, et quelques pas de danse sur des rythmes latins et caribéens (reggae, cumbia, salsa…). L’ambiance y est très conviviale et les cocktails pas chers… et Mikatrès généreux en alcool !

Et vous, connaissez-vous Bacalar ? Que conseilleriez-vous aux voyageurs ?

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Il y a 8 commentaires

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  1. Détour Local

    On vient d’y passer 2 grosses semaines et c’était absolument magique. Le lagon est transparent et la température de l’eau est idéale. Si vous voulez vous reposer à quelques heures de Cancun, c’est l’endroit parfait.

  2. Olivier

    Je viens d’ajouter votre article à ma page Scoop-it qui regroupe les articles les plus utiles et intéressants que je déniche ça et là sur les voyages. Bonne continuation !

  3. Nath'

    Bonsoir,
    Moi qui n’aime pas la foule, je note l’endroit si un jour je me rends au Mexique ! En dévoilant ce genre de paradis perdu, n’avez pas peur, qu’un jour, il tombe lui aussi dans les mains du tourisme de masse ?

    • Mikaël Faujour

      Bonjour Nath.

      Bacalar est un lieu déjà connu ; s’il « échappe » au tourisme de masse (cela dit ça mériterait d’être pensé : à partir de combien parle-t-on de « masse »?), c’est principalement parce qu’il est à 5 ou 6h de bus de Cancun. Sans être non-touristique, c’est un peu en dehors de la zone rouge de la Riviera Maya. Cela dit, y’a déjà son lot d’hôtels qui ont privatisé la rive de la lagune ; le lieu est référencé évidemment dans le Lonely Planet et sûrement un tas d’autres guides ; le programme mexicain « Pueblos magicos » a de toute façon pour vocation de promouvoir les lieux de la liste, dont fait partie Bacalar…

      Enfin, sans chercher à nous défausser, y’a un fait statistique simple : nous ne sommes pas TF1. Du 1er janvier 2014 au 10 avril, 881 personnes ont vu/lu/parcouru l’article. Je doute que le nombre d’entre eux qui sont allés sur place dépasse le 1%, ce qui ferait 9 personnes.

      Plus que des blogs, ce qui peut faire bcp pour « tomber dans le tourisme de masse », ce sont les décisions gouvernementales, les constructions d’autoroutes (c’est le cas, par exemple, de Mazunte, qui va sûrement connaître un bouleversement dans sa fréquentation, comme toute la côte d’Oaxaca, en raison d’une autoroute, que j’ai entendu être en projet).

      Cdlmt,

      Mikaël

  4. Blog Voyage Way

    Je vais aller au Mexique pour 3 semaines en novembre/décembre.
    Vu les nombreux éloges que j’ai pu lire sur Bacalar sur différents blogs, je pense que j’y ferai un stop!
    Merci pour ce billet et ces bonnes adresses.

  5. Marco

    Outre ses couleurs toujours aussi magiques, la laguna de Bacalar ressemble désormais aux puants Cancun et Playa del Carmen. Les accès sont maintenant tous privés, l’unique entrée publique pour pouvoir se baigner constitue un espace de 2 mètres de large, longeant les murs et barbelés des demeures somptueuses des propriétaires étrangers ou de l’élite mexicaine. Les tarifs de location n’ont plus de sens (nous avons payé $600 pour un dormitorio) et les colonies de touristes déversées par centaine donnent une image assez lointaine de la description faite dans l’article. Mais les temps changent et malheureusement tout l’etat de Quintana Roo est réellement à barrer pour les voyageurs qui souhaitent une alternative paisible dans une demarche éco-touristique…Si les Maya étaient encore de ce monde ils auraient sans doute un goût amer au fond de la gorge en savourant leurs tortillas tout en découvrant le saccage de ce joyau naturel !!!

    • Mikaël Faujour

      Merci Marco pour ce commentaire. Notre passage remonte à cinq ans maintenant… C’est à tel point qu’on se demande si on n’aurait pas un peu contribué au désastre par le simple fait de publier qqch sur ce lieu…


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