Quetzaltenango (Xela) : le guide complet (ou presque)

Située dans les hautes-terres du Guatémala, à l’ouest du pays, Quetzaltenango est la seconde ville du pays et, malgré une présence permanente et tournante d’étrangers qui, notamment, viennent suivre des cours dans les nombreuses écoles d’espagnol, elle n’est pas aussi modelée par le tourisme que certaines autour du lac Atitlán ou encore la Antigua. Ville tranquille, elle compte son lot d’attraits qui en font un lieu très attachant. Vivant de façon plus ou moins régulière depuis 2012 à Xela, quand un projet d’ateliers de journalisme auprès de l’Alliance française de Quetzaltenango m’avaient amenés là, je vous présente ici ce qui est devenu « ma » ville.

Situés dans l’ouest du Guatémala, le département de Quetzaltenango et sa capitale homonyme (que, pour les différencier, et par fidélité à son appellation maya originelle, Xelajú, on appelle couramment Xela), quoique accueillant un afflux régulier de touristes, s’avèrent conserver une forte identité locale que d’autres endroits du pays (principalement autour du lac Atitlán ou à la Antigua, où la majorité des commerçants et de nombreux résidents sont étrangers, et où les touristes abondent toute l’année), très internationaux (trop), n’ont plus.

Fondée en 1524, la ville conserve un centre historique qui, en dépit d’une absence d’efforts d’entretien de la part d’une équipe municipale corrompue dirigée par M. Mito Barrientos (troisième mandat de 4 ans en cours), lui donne un cachet réel. Deuxième ville du pays, plus ou moins à égalité avec Cobán, Xela a l’avantage d’être une ville tranquille aux dimensions humaines, où l’on se sent en sécurité, où marcher la nuit dans la zone centrale, très animée et articulée autour de la place de l’Amérique centrale, n’est guère plus dangereux que dans une ville européenne. Elle n’est peut-être pas une ville justifiant à elle seule un voyage, mais en faire son pied-à-terre lors d’un séjour d’une semaine (voire plus, pour ceux qui y viennent pour des cours d’espagnol, attiré par la réputation croissante des écoles locales) et en explorer les environs, permettra de bien profiter de ce qu’a à offrir cette ville charmante. Ascension des volcans environnants, bains thermaux aux Fuentes Georginas ou à Almolonga, découverte des petits villages et villes voisins (San Andrés Xecul et sa très célèbre église à la façade naïve et colore, Zunil et sa chapelle du Maximón, saint païen local…), découverte de la culture locale à travers ses quelques musées et galeries dont le passionnant Musée des Costumes traditionnels mayas (Museo Ixkik del Traje Maya), soirées festives dans ses bars et bons restaurants : Xela est une ville attachante, que beaucoup ne font que traverser en descendant ou remontant au Mexique, mais qui gagne à être visitée.

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Par sa situation dans les hautes-terres qui constituent le cœur indigène du pays et par son caractère de pôle économique est davantage marqué par la présence indigène que ne l’est, par exemple, la capitale. En tant que grande ville, elle a cependant cette caractéristique de nombreuses villes du monde, où les costumes et coutumes traditionnels se métissent ou s’effacent peu à peu sous l’effet d’une globalisation, qui est surtout une occidentalisation. Elle n’en garde pas moins une identité forte, avec notamment son hymne local, souvent considéré comme comme le deuxième hymne national, officieux : La Luna de Xelajú .

Que visiter et que faire à Xela ?

Mais une visite aux marchés de la ville (quartiers las Flores ou Democracia, marché couvert près de la place centrale ou encore le grand marché de la Terminal) donne au visiteur un aperçu des admirables costumes traditionnels que les commerçantes indigènes, souvent venues des zones rurales environnantes, portent toujours. Au visiteur curieux de comprendre l’histoire et le présent du Guatemala, sa culture, sa société, comme à celui qui voyage au Guatémala en quête de paysages spectaculaires, voilà les quelques endroits qu’il convient de visiter.

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Au Musée Ixkik, l’une des guides bénévoles durant la visite guidée (crédit : Bertrand Lasseguette)

L’historien guatémaltèque Severo Martínez Peláez attribuait l’origine des divers costumes traditionnels qui font aujourd’hui l’admiration des touristes et la fierté des Indigènes à la tragédie humaine de la conquête espagnole. En effet, les conquistadores espagnols imposèrent aux Indigènes qu’ils avaient réduits en servage de porter des costumes dont les couleurs permettaient de déterminer à quel domaine et donc à quel propriétaire terrien ils « appartenaient ». Comme souvent, le stigmate se retourne en élément de fierté identitaire et c’est une grande diversité de costumes que l’on rencontre dans le pays… et qu’expose à Quetzaltenango le musée Ixkik.

La corruption de la municipalité et la médiocrité intellectuelle des élus n’ont pas empêché l’initiative de trois femmes passionnées de maintenir ce musée très intéressant, qu’elles font visiter bénévolement par amour de la transmission de cette culture. La visite est en espagnol, ce qui limitera peut-être certains visiteurs ; elle vaut en tout cas vraiment d’être faite, car éclairant un pan passionnant de l’histoire guatémaltèque.

Une petite entreprise a eu la bonne idée de créer des petites poupées en papier mâché représentant les divers costumes du pays : il s’agit d’Utz’il. Pour s’y rendre, il faut prendre un bus « Santa Fé » en direction de Las Rosas et demander à descendre à l’atelier Utz’il.

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Une visite du vieux cimetière… au clair de lune

Le cimetière de Quetzatenango abrite dans son enceinte de nombreuses tombes et mausolées construits au XIXe siècle. L’élite d’alors, très influencée par les valeurs et l’histoire occidentale, revendiquait volontiers l’appartenance maçonnique, la Raison, le Progrès, et les influences antiques (romaine, grecque, égyptienne). Le cimetière porte l’histoire de cette élite non moins cultivée qu’elle était raciste. Certaines tombes sont aussi auréolées d’une légende
L’agence Adrenalina Tours organise une visite guidée du cimetière, à chaque pleine lune, évidemment en espagnol, visite singulièrement enrichissante, contribuant à éclairer l’histoire sociale et politique du Guatémala.

NB : de mémoire, ceux qui s’y inscrivent via Couch Surfing bénéficient d’une réduction.

Pour poursuivre

Autres lieux de culture et d’histoire

Casa No’j, situé dans une maison coloniale donnant sur le parc central, est le principal lieu de culture de la ville. Il accueille régulièrement des expositions de peinture, de sculpture, de photo, de qualité variable, et divers types d’événements, dont des foires artisanales (page Facebook).

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Près de la station de bus Álamo et du restaurant Tertulianos (zone 3), se trouve la Ciudad de la Imaginación (page Facebook), centre d’art contemporain tourné souvent vers le conceptuel et des choses que, fondamentalement, on verrait identiques en n’importe quel point du globe. Ponctuellement, elle accueille des expositions de photo ou des conférences sur des sujets de société ou de culture très intéressant.

Le centre interculturel (Centro intercultural) de la zone 3, outre le Musée Ixkik plus haut, abrite aussi un Musée des Beaux-Arts qui est, de fait, davantage un atelier privé où le peintre Rodrigo Díaz travaille, enseigne et expose aussi sa collection privée qui comprend ses œuvres personnelles et celles qui lui ont été offertes par des amis. On trouve aussi un Musée du Chemin de fer (Museo del ferrocarril), qui rend compte de la très brève histoire du train des hauteurs, qui fonctionna 3 ans dans les années 30.

Cathédrales, églises, patrimoine architectural

Partie en construction.

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Où manger et où sortir à Xela ?

Les restaurants

Depuis un peu plus de 2 ans, Xela est la ville où j’ai principalement résidé (avec Guatemala City, pendant environ 4 mois). J’ai eu l’occasion de découvrir la plupart de ses restaurants, que je commence à bien connaître. Il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les prix – du vraiment cheap au plus cher. Dites-vous toutefois que même dans un restaurant de bonne qualité, vous excédez rarement une addition individuelle de Q100 (10€).
Commençons par les restaurants les plus centraux : le Pasaje Enríquez abrite une série de restaurants, la plupart offrant des plats de type « snacks ». C’est le cas du Tecún, dont je recommande surtout les pizzas (celle aux crevettes et à l’ail et la végétarienne « Blumentahl » (orthographe incertaine), aux oignons caramélisés, aubergines et courgettes avec sauce au curry). C’est aussi le cas du Dos Tejanos, orienté sports, de même que le Portal de la Quinta, réputé pour ses burgers délicieux et… bourratifs.

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Moment d’épiphanie stomacale devant une pizza du Tecún

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Un burger intello à lunettes du Portal de la Quinta tirant la langue au photographe

Le meilleur restaurant du Pasaje Enríquez est cependant, incontestablement, le Pasaje Mediterraneo, riche de mets variés issus des traditions méditerranéennes (cuisines libanaise, grecque, espagnole, française, etc.). C’est bien simple : depuis plus de 2 ans que je vis ici, j’ai eu l’occasion de goûter des plats très divers et tout m’a enchanté. Les œufs à la diable, les sandwiches, le hummus, sont délicieux et assez peu onéreux. Les meilleurs plats, que je recommande chaudement : le Poulet à la dijonaise (Pollo a la Dijon), le chorizo au vin rouge et le bœuf aux oignons en sauce whiskey.

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Assortiment de plats du Mediterraneo

L’avenue 14-A compte aussi son lot de restaurants, certains qui durent, d’autres qui ferment pour être remplacés par des nouveaux. Parmi les valeurs sûres, le Sabe Delis de mon copain Samuel, qui joue de son aura française sans être pour autant un resto français. Au menu, des crêpes (gitantesques : je n’ai, sincèrement, jamais mangé ailleurs de crêpes aussi grandes et copieuses) et des pizzas (je recommande volontiers une des plus récentes à la carte, celle au pesto), des veloutés (cremas), des sandwiches, des salades (coup de cœur pour la parisina), ainsi que des pâtes, presque tout étant du « fait maison ». Voisin, est le Brunch, petit resto à la déco faite de palettes industrielles arrangées et qui a sa petite terrasse dans l’enceinte d’un bâtiment colonial partagé avec l’Alliance française. Son jeune chef, Raúl, un copain, invente quotidiennement des plats pour le déjeuner au gré de sa fantaisie. C’est pas cher du tout (menu à Q25 ou 30 comprenant soupe, plat, boisson, dessert), c’est savoureux et parfois surprenant. Et si un menu ordinaire ne vous tente pas, il y a aussi une variété de sandwiches, dont un très bon au jambon et fromage.

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Une pizza du Sabe Delis… en cours de dégustation

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Une crêpe sucrée du Sabe Delis

Injustement « déserté » depuis quelque temps, le Royal París est possiblement le meilleur resto de la ville. Pour des raisons que j’ignore, il a perdu de la clientèle, mais Christine Michel, chef française catalane, qui vient d’y revenir fin 2014, est bien décidée à relancer le resto : nouvelle carte, conservant cependant les « classiques », ambition de faire découvrir la gastronomie française et son histoire. Au rayon des classiques, la lasagne végétarienne ou encore le camembert avec sureau (une merveille) ; parmi les plus récents venus, l’exquise mousse au chocolat sur lit d’oranges. À une minute de l’Alliance française, une adresse incontournable de la gastronomie à Xela, avec concerts de jazz en direct les vendredi, samedi et dimanche soirs.

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Le Royal Paris, vu depuis la rue

Signalons aussi un récent restaurant asiatique, que je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir, dont on m’a dit que le bi-bim-bap coréen est savoureux ; et l’esbroufe grotesque du Brûlé (sic : à son nom se mesure la sottise du propriétaire qui a voulu « faire français »). Son seul intérêt, dont il joue beaucoup, c’est d’être situé dans une maison coloniale avec terrasse intérieure. La carte est médiocre, les employés sont mal payés et mal traités par leur patron, affligé d’ailleurs d’un arriéré auprès du propriétaire du lieu (qu’il loue), qui pourrait contraindre le restaurant à fermer ou déménager. Il semble aussi que le resto ait payé des petites mains pour calomnier le Royal París et le faire dégringoler sur Trip Advisor. À éviter, donc.
Dans le centre, plusieurs autres restaurants, pour toutes les bourses et tous les goûts. Au sein du très bel hôtel Pensión Bonifaz, se trouve un restaurant recommandable, sans être incontournable. Un peu plus bas, se trouvent La Luna et Bajo La Luna, le premier étant un lieu inévitable pour la dégustation de chocolat et l’un des pionniers en matière de fabrication à Xela, capitale du chocolat au Guatemala [LIEN MARCO ZE BLOG], le second ayant une carte modeste mais offrant d’excellents burgers, possiblement les meilleurs de la ville.

Sur la place, au pied de la 12ème, dans le coin de la placette aux bancs de ciment, se trouve mon lieu de prédilection : UK, bar rock (et metal) où bossent mes copains Jorge (serveur) et Carlos (gérant et serveur). Les frites qu’on y mange sont à se taper le cul par terre, mais les burgers ne sont pas en reste. Certaines formules sont vraiment économiques (burger + bière à moins de 3€). Lieu idéal pour tous les amateurs de rock horrifiés par l’insupportable boum-boum de musique vulgaire d’autres établissements où il n’est pas même possible de causer (la Bodega del Duende, dans le Pasaje Enríquez, pour n’en citer qu’un, même si les concerts du mercredi soir valent la visite) et possiblement le seul lieu du Guatemala où manger le classique britannique : un fish & chips.

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La Esquina Asiática, à quelques encablures du Parc central, propose une variété de plats asiatiques. Je recommande de s’y rendre le dernier samedi du mois, à l’occasion du mensuel « buffet à volonté » à Q50. Autre resto asiatique, cette fois-ci indien, Sabor de la India se trouve sur la rue 15-A. Certains plats sont très peu chers, comme l’excellent dal (lentilles au curry, pour faire simple) ; d’autres, plus chers, n’en sont pas moins délicieux… et très copieux. Pour en finir avec la catégorie des restos « asiatiques », Las Orquídeas, où je ne suis cependant allé qu’une seule fois, mérite aussi la visite, avec des plats peut-être même plus subtils et variés qu’à la Esquina Asiática.

Offrant, comme son nom l’indique, une vue sur toute la ville, le Panorama, situé en surplomb de la ville, propose une variété de sandwiches (très bons), mais aussi de fromages, raclettes et fondues, signalant l’origine suisse-allemande de son propriétaire… qui s’avère être un voisin (le détail n’a pas d’importance, certes, je vous l’accorde). Très agréable pour un déjeuner entre amis, surtout après une randonnée en montagne.

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Sur la pelouse du Panorama, avec vue sur la ville, en contrebas

Au rayon des restaurants proposant des plats « typiques », signalons les 3 restaurants Utz Hua, l’un sur la 12ème rue, un autre en face du théâtre municipal et le dernier sur la 2ème rue, axe courant du Parc central au cimetière. Ce n’est pas cher du tout et c’est « typique ». Pour une première approche, c’est à la fois correct, une des rares options… et à la fois très peu à la hauteur de la merveilleuse cuisine guatémaltèque, dont je suis devenu un avocat fervent avec le temps. Dans un registre proche, signalons le Sagrado Corazón, sur la 14ème avenue. Plus anecdotique encore, c’est-à-dire peu savoureux (ce qui ne veut pas dire mauvais), il y a la cantine Delicias Huehuetecas, situé à l’entrée du marché la Democracia en zone 3, dont la qualité est encore un cran en-dessous. Ce n’est pas que ces restaurants soient mauvais, mais ils ne font pas justice à une cuisine guatémaltèque riche, diverse et dont certains plats, les plus connus, nécessitent des heures de préparation – ce qui les réserve souvent à de grandes occasions. La cuisine guatémaltèque est en fait surtout une cuisine familiale ; si vous avez le bonheur de pouvoir manger dans une famille guatémaltèque lors d’une quelconque occasion de fête, vous comprendrez de quoi il en retourne.

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Probablement un kak-ik au poulet, au Sagrado Corazón

Cela dit, en divers points de la ville, on peut acheter des tamales, des chuchitos, des cambrayitos, des paches, certaines étant assez bons : si vous cherchez et vous renseignez bien, peut-être aurez-vous le bonheur de découvrir combien est merveilleuse la cuisine guatémaltèque.

Pour en finir avec les restaurants relativement centraux, signalons les anecdotiques : Taverna de Don Rodrigo (où l’on sert cependant de bonnes bières de barril), Cardinali (un restaurant italien coûteux et pas renversant), Giovanni (idem), la Crepa Loca (soit « la Crêpe Folle » – sic -, une crêperie sans rien de renversant), ainsi que le Sexto Estado, qui a cependant le double avantage d’être copieux et le moins coûteux (Q17 le déjeuner, si mes souvenirs sont exacts). Deux autres options économiques : les soupes d’Albamar (en face de la bibliothèque, au parc central) et quelques sandwiches de Xelapan (notamment celui aux aubergines).

La Baviera, pour les amateurs de pâtisseries, est l’endroit idéal, que l’aménagement et la déco rendent particulièrement agréable pour paresser, notamment sur son canapé, en lisant. Je recommande aussi la Chatía, situé au niveau du pont des Chocoyos, dont la carte propose de très bons sandwiches, du bon pain et de bonnes pâtisseries, artisanaux.

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Sandwich bagel de la Chatía

Hors du centre, c’est-à-dire là où les visiteurs souvent trop pressés s’aventurent assez peu, et en particulier en zone 3, on trouve plusieurs restaurants, dont deux sont parmi les meilleurs de la ville : Tertulianos, situé dans une immense ancienne résidence privée, qui se trouve face à la station de bus Álamo. Là, c’est pour les gourmets et le tarif est déjà quelques crans au-dessus des restos du centre. Autre resto de qualité, possiblement le meilleur de Xela : Don Carlos. Je recommande de s’y rendre le dimanche matin pour profiter de la formule « buffet à volonté » du petit-déjeuner, dont la thématique (le pays) change chaque semaine. Leurs desserts sont également excellents.

Dans la zone 3, je recommande peu la Rincón Uruguayo, proposant des grillades de viandes importées : c’est bon sans être exceptionnel et vraiment trop onéreux. Dernier venu, Raclett, que je n’ai pas encore eu le bonheur de découvrir, propose des créations « gourmet » qui pourraient en faire un des meilleurs restos de la ville. Affaire à suivre.

Où sortir à Xela

Lieu incontournable, le Parc central est le poumon festif de la ville. C’est là que convergent les processions religieuses de la Semaine Sainte ou les fêtes de l’Indépendance, là que se tiennent chaque premier dimanche du mois, des marchés d’artisanat, là que chaque semaine, du jeudi au samedi soir, convergent les jeunes et moins jeunes pour se réunir, festoyer, dîner, écouter de la musique, parfois regarder des matches de la ligue locale (pour ceux des ligues européennes, vu le décalage horaire, cela se passe plutôt à partir de 13h… où l’on s’étonne du nombre de travailleurs se libérant pour suivre leurs favoris : ou bien le Real Madrid, ou bien le FC Barcelone).

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Vue diurne du Pasaje Enríquez… qui est, les nuits du weekend, débordant de vie

Le lieu par excellence des sorties est le Pasaje Enríquez, pour ses bars et restaurants, ses concerts et son animation. Mais dans les environs du Parc central, on trouve d’autres endroits : le repère à gringos Pool and Beer, le Cuartito, particulièrement animé en fin de semaine en raison de concerts ; sur la 7ème rue, le King and Queen (petit bar sympa tenu par une amie de ma belle-mère). Situé sur le Parc central, donnant sur la placette au pied de la 12ème rue, UK est le paradis des fans de rock et, quand il n’y a pas trop de monde, de metal (même extrême), ce qui en fait mon lieu de prédilection.

En haut de la rue 14-A et face au théâtre, on trouve aussi divers bars et discothèques à la musique souvent médiocre, mais où parfois ont lieu des concerts chouettes. J’ai un peu passé l’âge, mais cela intéressera peut-être des voyageurs de 20-25 ans.

Que visiter autour de Xela ?

Deuxième ville du Guatemala et capitale du département homonyme, Quetzaltenango (communément nommée Xela – qui se prononce Chéla) est très appréciée de ses habitants comme des visiteurs de passage pour sa tranquillité et son charme suranné. Si, lors de leur voyage au Guatémala, les touristes n’y restent au mieux que quelques jours (à l’exception de ceux qui viennent y apprendre l’espagnol dans les diverses écoles que compte Xela), c’est une ville attachante et qui, dans ses environs, offre diverses possibilités d’excursions très intéressantes.

Un volcan actif et ses éruptions volcaniques nocturnes : le Santiaguito

En 1902, une puissante éruption a dévié la cheminée volcanique du Santa María, donnant naissance au Santiaguito, plus petit (2500 mètres contre 3700 pour le Santa María à présent éteint) mais très actif. Les plus physiques, disposés à tenter l’une des randonnées les plus difficiles du pays peuvent tenter d’aller sur place : il leur en coûtera environ 12 km et 7h de marche par des fourrés parfois épais puis dans une vallée de roches charriées par une éruption, paysage magique et lunaire… et des douleurs musculaires pendant une semaine… mais surtout des souvenirs impérissables. Ceux dont la condition physique est plus modeste pourront aussi bien aller camper au Mirador del Santiguito (mirador signifiant « point d’observation »), sur le flanc du Santa María, d’où ils pourront jouir au petit matin, alors qu’il fait encore nuit, de la vue en surplomb des éruptions du Santiaguito. Il est impressionnant et fascinant d’observer l’activité éruptive à mesure que se lève le soleil, éclairant un très beau panorama.

Une coulée de lave pétrifiée et des évangéliques… givrés, au Cerro Quemado

Une promenade facile d’environ 3/4h conduit au sommet d’une colline montagneuse, à Almolonga. Là, un panorama impressionnant de roches magmatiques pétrifiées, paysage noir et rocailleux à perte de vue. À noter : le lieu accueille les activités de prières en plein air de pratiquants de sectes évangéliques. Celles-ci, qui ont bénéficié d’un appui nord-américain depuis les années 60 pour des raisons politiques et capitalistiques, sont très présentes au Guatémala, et ont constitué un des ressorts culturels de la contre-révolution, cela jusqu’à présent, c’est-à-dire bien après la signature de la « Paix » en 1996. Une promenade un dimanche matin sur place donne une idée du degré de fanatisme et de la nature des prêches sur quoi de nombreux entrepreneurs-pasteurs ont fait leur beurre, sur fond de « Théologie de la Prospérité », cette « théologie » selon quoi la réussite économique est signe de la bienveillance divine…

Fuentes Georginas (et volcan Zunil)

Dans les années 30, le caudillo fasciste Jorge Ubico Castañeda décide de faire construire, portant le nom de sa femme (et même exposant une statue à son effigie, aujourd’hui disparue après sa destruction en raison d’un glissement de terrain), un lieu de détente tirant profit des abondantes sources d’eau naturellement chaude du volcan Zunil, à quelques kilomètres de Xela. Les Fuentes Georginas sont un lieu de détente privilégié des gens des environs ainsi que des touristes. Les aménagements (bungalows, restaurant, et surtout les piscines en pierre recevant cette eau qui se déverse continument) et la présence environnante d’une nature profuse en font un endroit très recommandé par les guides commes par Quetzaltèques.

La lagune et le volcan sacrés de Chicabal

À San Martín Sacatepéquez (communément surnommé « Chile Verde »), se trouve le volcan de Chicabal, propriété commun(autair)e de 36 familles qui ont racheté les terres de ce volcan dans les années 80. S’y rendre à pied est un effort soutenu mais qui ne nécessite pas une condition physique de très haut niveau, seulement un peu d’opiniâtreté. Mais il est tout aussi possible de s’y rendre en pick-up. Le lieu n’est pas très touristique, d’après le guide qui nous avait accompagné ; cela explique sans doute, conjoint au fait que la communauté qui l’entretient veille à son bon état, qu’il soit si peu maculé de déchets comme c’est souvent le cas au Guatémala (cf. « L’or vert du Guatemala: fiction ou réalité? », sur Check In Trivago).

La promenade sur les flancs boisés de ce volcan éteint est un délice ; arrivé en haut, on peut jouir d’une vue sur la lagune au fond du cratère, à laquelle on accède par un escalier interminable de plusieurs centaines de marches. Autour de 12 à 13h, tombe une brume, qui donne à la lagune une aura mystérieuse, effet accrû par les divers autels mayas que l’on trouve aux quatre points cardinaux, chacun représentant un élément. Ce volcan et sa lagune sont en effet un lieu sacré pour l’ethnie maya mam.

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San Andrés Xecul et son église syncrétique

Cette petite ville du département voisin de Totonicapán jouit d’une réputation nationale en raison de son église très singulière, dont les formes rondes évoquent volontiers l’art naïf et dont les détails – entremêlement des mythologies catholique et maya – sont représentatifs du syncrétisme religieux (lire, en espagnol, l’étude de la façade de l’église : El Pop Wuh redivivo en San Andrés Xecul, Guatemala, de Anaité Galeotti). L’église constitue son principal attrait, le reste du village étant surtout l’occasion d’une petite balade agréable.

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