Pamukkale : des piscines naturelles cotonneuses sous le cagnard turc

Pamukkale, situé au sud-ouest de la Turquie, signifie « château de coton », en turc. Au vu de ses insolites et spectaculaires formations géologiques, dues à un miracle de la chimie naturelle, on comprend pourquoi. Ces piscines naturelles, formant une série de cascades étagées, en font un lieu naturel particulièrement fascinant, l’une des deux tufières au monde formant une cascade en raison du relief où elles se trouvent.

Pamukkale pourrait se traduire par « forteresse de coton ». Il s’agit d’une étonnante formation géologique qui se trouve dans la région égéenne, dans l’ouest de la Turquie. À première vue, il s’agit d’une série de terrasses échelonnées remplies d’eau, d’une incroyable beauté. Sa formation est due aux mouvements tectoniques : les fréquents tremblements de terre qui ont frappé la région ont provoqué l’apparition de nombreuses sources d’eaux thermales. Ces eaux, par leur haute teneur en minéraux, ont formé la tufière nommée Pamukkale. Les nombreuses sources d’eau thermale à forte teneur en carbonate de calcium ont donné avec le temps, au versant de la montagne, un air de cascade congelée ou pétrifiée.

Ce phénomène naturel provoque la formation d’épaisses tufières, conformées en une série de niveaux sur le versant de la montagne. Ces formations terrassées, en forme de demi-lune, contiennent de l’eau sur une profonde relativement faible, au tiers supérieur du versant ; elles forment des « marches », qui varient de 1 à 6 mètres de hauteur, ou des stalactites qui soutiennent et unissent ces terrasses.

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Le dioxyde de carbone contenus dans les eaux libérées par les quelque 17 sources de Pamukkale, en éclatant à la surface provoque la précipitation du carbonate de calcium contenu dans l’eau : celui-ci se dépose et se durcit à mesure que l’eau s’évapore, formant donc les splendides concaténations d’apparence cotonneuse qui ont donné au lieu son nom. Chaque seconde, quelque 250 litres d’eau jaillissent des sources, chaque litre causant le dépôt de 2,2 grammes de carbonate de calcium. Au fil du temps, quelques sources se sont asséchées en raison de tremblements de terre, tandis que d’autres nouvelles ont surgi dans les environs.

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C’est au sud-ouest de la Turquie, plus précisément dans la vallée du fleuve Büyük Menderes, dans la province de Denizli, où l’on peut jouir d’un climat tempéré la majeure partie de l’année, que se trouve Pamukkale (« château de coton », en turc), une zone naturelle qui est également une fameuse attraction touristique, à découvrir, pourquoi pas, dans le cadre d’un tourné vers le trek en Turquie avec une agence spécialisée, en l’occurrence dans l’ouest de l’Anatolie.

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Parmi les roches les plus anciennes, on peut trouver des marbres cristallins, des quartz et des schistes, datant de l’époque du Pliocène (il y a entre 5,3 et 2,5 millions d’années), tandis que la couche supérieure est de la période quaternaire (débutée il y a 2,5 millions d’années, en cours). Les dépôts plus récents de carbonate de calcium donnent au lieu son blanc éblouissant.

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Avec Hiérapolis, Pamukkale est inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco depuis 1988. Il ne s’agit, certes, pas de l’unique tufière au monde (citons notamment les sources thermales du Mammouth du Parc national de Yellowstone aux États-Unis, Egerszalók en Hongrie, et Huanglong, dans la province chinoise du Sichuan, autre lieu inscrit au Patrimoine de l’humanité), mais elle n’a qu’un seul équivalent en tant que cascades pétrifiées, de moindre envergure cependant, à savoir Hierve el Agua, dans l’État mexicain d’Oaxaca.

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Avant d’être déclarées « Patrimoine de l’humanité », les piscines naturelles de Pamukkale sont longtemps demeurées en très mauvais état, en raison des hôtels situés plus hauts et construits dans les années 1960, qui ont été détruits depuis lors.

Sur le site, jusqu’à ce qu’il soit rattaché au Patrimoine mondial de l’humanité, les visiteurs se promenaient avec leurs chaussures, se lavaient avec du savon et du shampoing dans les mares et descendaient les versants à vélo ou en moto.

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L’eau thermale des sources était en effet utilisée pour remplir les piscines des hôtels, qui rejetaient les eaux résiduelles dans les mares de Pamukkale, d’où la couleur brunâtre qu’on y observe. En outre, une rampe d’accès en asphalte a été construite pour se rendre jusqu’à la partie principale.

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Un canal a été réalisé autour de la rampe d’accès pour recueillir l’eau thermale et empêcher quelle se déverse dans les mares ; d’autres mares ont été fabriquées, qui reçoivent donc cette eau détournée où déjà apparaissent des formations calcaires. Les zones de couleur brunâtre, témoignage de la pollution d’antan, ont été épargnées donc afin de leur permettre de blanchir au soleil. Selon un programme établi, d’autres zones de la partie supérieure de la colline se remplissent d’eau et s’ouvrent au public durant une ou deux heures ; certaines des piscines naturelles – les plus grandes – sont tout bonnement interdites à l’accès public.

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L’activité volcanique souterraine à l’origine des sources thermales a également permis que se filtre le dioxyde de carbone dans une grotte de Hiérapolis, nommée « grotte de Pluton ». Elle a été ainsi baptisée parce que les gens qui y entraient mourait à cause du gaz et l’on pensait que c’était Pluton, dieux des Enfers, qui envoyait le gaz.

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Pamukkale, dans son ensemble mesure quelque 2700 mètres de longueur et 160 mètres de haut, et peut être aperçue depuis le lointain.

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Pour poursuivre

Crédits : Lilian Leiva (consulter sa page Facebook Amateur Photo travel)

Traduction et ajouts : Mikaël Faujour.

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Il y a 6 commentaires

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  1. Laurent

    J’avais zappé Pamukkale alors que j’étais dans la région en 2000 car on m’avait dit que c’était alors devenu un vrai cirque avec un monde fou dans les piscines, bref, c’était, parait-il, alors un peu comme cher Mickey.
    Mais si j’ai bien compris, la photo d’entête, ça n’est pas qu’une ou deux heures par jour c’est bien ça ? Parce que, autant le site à l’air splendide, autant tout ce monde dans le bassin, ça ne fait pas vraiment rêver en fait, à moins que ça ne soit mon côté parfois asocial 🙁


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