Isla Verde : un hôtel écologique au lac Atitlán

Considéré comme l’un des plus beaux lacs du monde, Atitlán (ouest du Guatémala) est un lieu fascinant, riche d’activités et éminemment propice à la détente. Sur ses très touristiques rives, un grand nombre d’hôtels, des plus communs aux plus éco-compatibles. Notre visite de l’hôtel écologique Isla Verde vous montre la réalité déjà vivante d’un tourisme alternatif, où la détente et le bien-être prennent pleinement en compte le respect de l’environnement.

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Situé sur la commune de Santa Cruz la Laguna, le projet naît en 2005, lorsque l’Espagnole Ana, après un coup de cœur de voyageuse pour le lac Atitlán, s’installe là. Après le rachat d’un hôtel situé en retrait du lac, elle étend la superficie des lieux jusqu’à la rive en acquérant le terrain adjacent. L’objectif, ambitieux, est d’en faire un hôtel écologique. En visitant les lieux, nous ne pouvons que constater la réussite d’une démarche qui a une cohérence globale.

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Vue du volcan Tolimán depuis une des terrasses de l’Isla Verde (crédit : photo Isla Verde)

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Rien ne se perd, tout se transforme : règle d’or de cet hôtel éco-chic

Que ce soit en eau ou en électricité, l’hôtel est auto-suffisant : des panneaux solaires aident à produire l’énergie pour illuminer les lieux ; quant à l’eau, elle est traitée naturellement aussi bien pour les douches (double filtrage : plantes et pierre) – d’où l’on a, soit dit en passant, une vue sur les volcans –, elle même recyclée après usage pour les jardins, que pour l’eau potable en service-libre dans le salon (triple filtrage : sable, charbon actif, UV). Pensez, d’ailleurs, à venir avec votre propre bouteille : vous pourrez la remplir à volonté. Ajoutons que l’eau des douches est chauffée grâce à l’énergie produite là encore par des panneaux solaires.

Dès le début, une démarche globale de recyclage a été engagée. Par exemple, les pierres exhumées lors des travaux de terrassement ont été réutilisées pour borner les espaces jardins ou former le chemin, qui serpente entre ces derniers. En majorité, et à l’exception de bambous importés de la côte, les matériaux ayant servi lors des travaux viennent du lieu ou de ses environs. Divers objets ont été récupérés dans des maisons vouées à la destruction, notamment des lavabos, des portes, des fenêtres. Les bouteilles consommées au restaurant sont conservées en vue d’usages ultérieurs : certaines ont été converties en luminaires, d’autres servent dans les jardins et l’herbier, etc. Les coussins du salon et des terrasses sont des tissus traditionnels transformés et fourrés de vêtements usés. Une barque de pêcheur retrouvée, puis arrangée, est à présent une balançoire dans le jardin. Un peu partout, on est enchanté des résultats que l’ingéniosité et l’imagination produisent, issus de la contrainte de recycler.

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Un bateau reconverti en balançoire

En lisant ceci, sans doute certains imagineront-ils un bazar foireux : ils se trompent. Si nous sommes habitués à consommer, jeter, puis consommer de nouveau, c’est par un long conditionnement historique, par l’intériorisation de l’obsolescence programmée, par un consumérisme massif qui nous a désappris à être imaginatif, à réparer, à bidouiller, à combiner. Et pourtant, à visiter la Isla Verde, on réalise quels simples enchantements apporte un peu d’imagination et de créativité. Nulle part on n’a le sentiment d’être parmi des déchets recyclés : une harmonie globale exhale de ces lieux, où les habitations et la présence humaine s’accordent avec la nature, profuse.

Et ce qu’on perçoit, surtout, c’est que la démarche est sincère, honnête, cohérente. Alors que la conscience écologique est enfin devenue centrale dans la pensée politique, il est impérieux de se méfier de tout ce qui porte affiche le label « écologique », « responsable », etc. Car les pirates du capitalisme ont bien perçu l’intérêt qu’il y avait à repeindre leur délire croissantiste en vert (green washing). Mais en hôtellerie comme dans n’importe quelle entreprise, il ne suffit pas d’avoir du papier hygiénique recyclé pour prétendre être écolo.

A la Isla Verde, pas d’entourloupe : la démarche est globale, philosophique avant même d’être mercantile. On peut dire que le projet est en cohérence avec les valeurs de la permaculture, c’est-à-dire avec une vision globale de l’articulation entre l’humain et la nature, qui prend en compte aussi bien la nature en tant qu’environnement qu’en tant que source nourricière, la spiritualité que l’alimentation saine, etc.

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Vue sur le volcan Atitlán depuis la terrasse du restaurant (crédit photo : Isla Verde)

Un projet permaculturel ?

Combien de lieux se déclarent « écolos » tout en vendant des bouteilles de plastoc ou en important leurs denrées ? A la Isla Verde, 90% des produits proviennent des jardins et de l’herbier local, de marchés des villages environnants, ainsi que d’une ferme bio de Tzununa. En visitant les infrastructures, nous observons que tous les déchets organiques des lieux sont utilisés dans un lombricompost, dont l’humus produit est destiné à fertiliser le sol des jardins, de l’herbier, du potager.

Par refus du plastique – qui souille le Guatémala tout entier, réduit trop souvent à une poubelle à ciel ouvert, faute d’éducation et de sanctions – l’hôtel ne vend pas de bouteilles d’eau ou de sodas. Tant mieux : à la place, des licuados (des smouzies, quoi) fabriqués sur place… dont le très chaudement recommandable licuado de banane, lait de soja, yaourt et beurre de cacahuète : un délice.

La cuisine, parlons-en un peu. Certes, nous vous avons dit que les produits – bio – venaient de l’hôtel même ou des environs : presque rien n’est importé, hormis les boissons. Mais nous ne vous avons pas dit que le restaurant de l’Isla Verde se revendique de la slow food. Slow food : Qu’es aquò? Le texte explicatif précédant la carte des plats, expose que :

« La slow food se trouve à l’intersection de l’éthique et du plaisir, de l’écologie et de la gastronomie. Elle s’oppose la standardisation du goût, au pouvoir sans limite des multinationales, à l’agriculture industrielle et à la démence de la vie rapide [« fast life »]. Elle restaure la dignité culturelle de la nourriture et les rythmes lents de la convivialité de table. C’est un univers de personnes qui échangent savoir et expérience. Elle est la croyance que chaque plat que nous mangeons est le résultat de choix effectués dans les champs, sur les bateaux, dans les vignes, dans les écoles, dans les parlements ».

Luxe, calme et volupté

De façon générale, la Isla Verde est un lieu pensé pour s’adonner aux plaisirs simples : bien manger (coup de cœur, notamment, pour le pesto au basilic, pour les brownies et pour les divers licuados), se détendre, paresser, s’émerveiller de la nature – s’adonner au goût de ce qui était le trio gagnant de l’Athènes antique : le beau, le bon, le vrai.

Les diverses activités proposées vont dans ce sens : massage intuitif, suédois, massage des tissus profonds, massage sonore au bol tibétain, shiatzu ; bain aux chandelles, avec vue sur le ciel étoilé ; sauna maya, dit temascal ; initiation aux plantes médicinales et aux thérapies florales ; yoga et méditation ; etc. Le lieu apparaît en lui-même comme une invitation à la lenteur.

Prendre le temps des choses simples et bonnes pour soi : cela paraît dérisoire, mais tandis que notre culture confond le cynisme et l’intelligence et a fait du mot « simple » un synonyme de « stupide », de telles pratiques rejoignant les mouvements décroissants et permaculturels, ont quelque chose d’une révolution déjà active. Car, face à la folie des économistes, ces prêtres fanatiques du dieu Croissance, ce ne sont pas tant les autoproclamés révolutionnaires (ceux qui sont « contre l’Etat au sens où ils s’y appuient », selon le mot de Sylvain Tesson) qui représentent une alternative, que ceux ayant déjà développé un imaginaire alternatif, qui tourne le dos à la folie consumériste et au non-sens de la vie rapide. Certes, l’Isla Verde reste un hôtel, un lieu à but lucratif, mais les valeurs de cette expérience micro-économique a aussi une valeur pédagogique, s’inscrivant dans un mouvement bien plus large, promouvant des valeurs qui représentent plus que bien des mouvements politiques, une des rares voies de sortie d’un abject capitalisme illimité.

Comment y aller?

Bus depuis la capitale, la Antigua ou Quetzaltenango : soit direct pour Panajachel, soit Solola, d’où vous prendrez un bus pour Panajachel. Là, rendez-vous à l’embarcadère d’où une lancha (petit bateau à moteur) vous amènera jusqu’à l’hôtel pour 10 à 15 quetzales (1€ à 1,50€). On essaiera de vous rouler ; montrez vous inflexible : vous connaissez le prix. Vous pouvez aussi descendre à Santa Cruz : le chemin sur la rive conduit directement à l’hôtel en 5 minutes de marche.

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La ristourne VDN

Comme on est de chouettes personnes, on a négocié pour vous 15% de remise si vous venez passer une nuit à l’Isla Verde, en période basse : c’est-à-dire soit après la Semaine Sainte d’avril et jusqu’à juin, soit de septembre à novembre. Et comme on est vraiment les meilleurs, on peut même vous garantir une sacrée remise en cas de séjour long – mais on ne vous en dit pas plus, pour ne pas causer de ruée terrible, comme au premier jour des soldes.

Renseignements complémentaires sur le site de la Isla Verde.

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