Guatemala City : découvrez la surprenante mal-aimée du tourisme au Guatemala

J’ai vécu 4 mois à Guatemala Ville et y retourne ponctuellement, pour voir des amis, mes grands-parents adoptifs (qui furent les parrains de mon mariage), ou pour des intervioux. Sans prétendre connaître parfaitement la ville, j’en connais divers coins et aspects et suis plus en mesure d’en parler que beaucoup de voyageurs ayant passé 3 semaines au Guatemala se croyant fondés à dispenser des conseils sur le pays et sur cette ville, notamment sur les forums de conseils aux voyageurs. Cet article a moins vocation à être exhaustif qu’à exposer des impressions sur la capitale, les divers lieux que j’ai pu visiter. Mal aimée des touristes qui, comme moi à mon premier passage fin 2012, en ont souvent peur en vertu de sa réputation, Nueva Guatemala de la Asunción (son nom complet) est pourtant une ville fascinante, qui mérite vraiment d’être visitée.

Zones 1 et 2 : le cœur historique de la ville

Je me souviens de ma première visite à la capitale. Comme beaucoup de visiteurs alertés par les recommandations du ministères (lire ci-contre), j’y allais avec crainte, le regard attentif, les poches à demi vides, le pas vif. A y repenser, à reparcourir – toujours avec des mesures de prudence élémentaires, cependant – le centre de la capitale, je souris un peu à présent de mon comportement d’alors : oui, la délinquance existe, et nombre d’amis en ont été victimes en divers points de la capitale ou du pays… mais tout de même, Guatemala City n’est pas Bagdad !… et qui se prive, à cause de sa crainte, d’une visite de la ville, perd vraiment quelque chose.

Parcourir ce centre historique, y observer les architectures coloniales ou modernes (avec notamment un patrimoine Art Déco trop peu mis en valeur et dont certains bâtiments sont en état de délabrement hélas ! plus ou moins avancé), observer l’étonnant Palacio de Gobernación
visiter sa cathédrale baroque et sa grand’ place, parcourir la 6ème avenue (Sexta Avenida) piétonne pour comprendre un peu à son caractère d’exceptionnalité très appréciée le caractère rude et âpre de cette ville à l’urbanisme varié, chaotique et souvent pensé – hors du centre historique – pour la voiture, puis se rendre au Palais national de la Culture (équivalent de l’Élysée) pour une visite guidée fascinante de ce lieu voulu par le caudillo Jorge Ubico Castañeda, ou encore l’étonnante carte en relief du Guatemala, prouesse d’ingénierie civile datant du début du XXème siècle : tout cela, pour ne mentionner que le centre historique, mérite bien une journée de découverte. Certes, des mesures de prudence sont à observer : nous en reparlerons bientôt dans un article spécifique, tant les visiteurs du Guatemala semblent tenir en horreur la capitale.

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NB : Les zones 1 et 2 comptent divers autres musées, que je n’ai pas eu l’occasion de visiter ou dont j’ai seulement récemment pris connaissance, et que je présenterai ici à mesure que je les découvrirai et actualiserai la page :

  • le Musée Casa Mima, qui montre les intérieurs et le style de vie de la haute société guatémaltèque à la fin du XIXème et au début du XXème,
  • le Musée de l’Université San Carlos,
  • le Musée du Chemin de fer,
  • le Musée archidiocésain de Santiago,
  • le Musée postal et philatélique,
  • le Musée du Chemin de fer,
  • le Musée numismatique de Guatemala,
  • le Musée héraldique et des armes de l’Armée,
  • la Maison de la Mémoire Kaji Tulam,
  • le Musée de la Typographie national(e),
  • le Musée de la Merced, exposant des œuvres d’art de l’époque coloniale du Guatemala (XVIème-XIXème),
  • le Musée Bodegas de Principios de Siglo (« Remises du début de siècle »).

Autres points d’intérêt : monuments, bâtiments, Art nouveau, etc.
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/guatemala-12254/

Zones 4, 9 et 10 et la zona viva

Ces zones, plus récentes, comptent une diversité de monuments remarquables. Essentiellement, ils marquent la domination historique de l’oligarchie : demeures fastueuses, statues des héros de l’oligarchie (présidents, « pères de l’indépendance », et autres racailles racistes ayant maintenu sous leur botte le peuple indigène et une majorité de Guatémaltèques depuis l’invasion coloniale au XVIème siècle). L’axe que constitue l’avenue de la Réforme (Avenida Reforma) à travers la zone 10, flanquée de plusieurs bâtiments et dont le parterre central piéton abonde en bustes et statues, puis que prolonge l’avenue des Amérique (Avenida las Américas) dans la zone 14, mérite une belle balade à pied (environ 5 km).

La voisine zone 9 a elle aussi divers lieux étonnants :

  • la tour du Réformateur (Torre del Reformador), l’une des nombreuses cousines de la Tour Eiffel, hommage de l’oligarque et dictateur Jorge Ubico au président-dictateur Justo Rufino Barrios à l’initiative de la Réforme libérale des années 1870, inaugurée en 1935 à l’occasion du centenaire de la naissance de ce dernier [paragraphe en chantier] ;
  • la belle église de Yurrita, dans la zone 9, construite à l’initiative de Felipe Yurrita pour remercier la Vierge d’avoir sauvé sa vie et celle des travailleurs de sa finca à l’occasion de la très violente éruption du volcan Santa María en 1902,
  • le Ministère de l’Éducation.

Plus récente, la zona viva (zone 10) est une zone de loisirs à l’occidentale, où les hôtels de standing voisinnent avec les enseignes habituelles de la mondialisation économique (McDonald’s, Hard Rock Café, etc.), les centres commerciaux (malls), les galeries d’art ou commerces d’artisanat aux coûts excessifs, et divers restaurants et bars, dont certains de grande qualité. Je salue notamment le resto-bar français La Lancha de mon copain Éric : un îlot à saveur française au cœur de la capitale. Je recommande aussi les très bons restaurants italiens L’Enoteca toscana (zone 10, mais à l’écart de la zona viva, place Ferco) et Pecorino.

C’est aussi dans la zone 10 que se trouve l’université Francisco Marroquín, foyer de la pensée libertarienne et libérale depuis 1971, fondée par Manuel Ayau, oligarque admirateur et disciple de Friedrich von Hayek. L’université, qui a fourni au pays un grand nombre d’entrepreneurs et autres canailles ministérielles, est à la fois un foyer intellectuel de la droite (cf. « Des usages improbables de l’économie ? Les logiques sociales de la diffusion de la doctrine néolibérale au Guatemala »), possiblement l’université la plus éminente du pays, mais aussi l’un des lieux les plus calmes, les plus beaux et ordonnés de la capitale, avec ses beaux jardins. Ce campus est souvent visité par les touristes principalement pour ses deux musées : le Musée Ixchel du costume indigène (un fait presque tristement comique dans un lieu où les Indigènes sont essentiellement des employés de la propreté et du jardinage et où les étudiants sont majoritairement ladinos et blancs, populations parmi lesquelles le racisme anti-indigène est très profond), et le Musée du Popol Vuh, celui-ci présentant des pièces archéologiques issues de divers sites. Les personnes portant un intérêt intellectuel et politique pour le pays gagneront à se promener dans ce lieu où l’espace est saturé de références au libéralisme et au libertarianisme : relief en hommage à Atlas (référence à Atlas Shrugged, bible libertarienne d’Ayn Rand et deuxième livre le plus vendu aux États-Unis, derrière… la Bible, justement), salles de cours, places et bustes en hommage aux grands penseurs libéraux (Adam Smith, Ludwig von Mises, Friedrich von Hayek, etc.).

Zone 13 : aéroport… et musées

J’ai vécu environ 4 ou 5 mois à la capitale, en l’occurrence dans la zone 13, à 10 minutes à pied de l’aéroport international La Aurora. La zone est particulièrement calme. Relativement à l’écart du centre historique (à une dizaine de kilomètres et 20 à 30 minutes de taxi de la grand’ place de la zone 1), on y trouve pourtant quelques lieux d’intérêt. C’est là que se trouvent en effet le zoo La Aurora, l’Alliance française (où ont lieu parfois des expositions ou divers événements culturels), ainsi que le musée des Enfants et celui d’Histoire naturelle, mais surtout le Musée Carlos Mérida d’Art moderne, qui donne un aperçu de l’histoire de l’art moderne et contemporain au Guatemala, avec un artiste qui se distingue particulièrement, à savoir Efraín Recinos, mais aussi divers paysagistes et indigénistes de qualité, et qui mérite particulièrement d’être visité en juin à l’occasion de l’annuelle exposition Juannio, donnant un bel aperçu de la création contemporain centre-américaine (et un peu plus), ainsi que le Musée national d’Archéologie et d’Ethnologie qui, malgré une muséographie limitée, a le mérite de présenter des pièces majeures de l’archéologie, notamment beaucoup de pièces de la capitale maya Kaminaljuyú, ravagée à l’arrivée des envahisseurs espagnols.

D’autres monuments : ministère de trucmachin, arcs, etc.

Autres lieux

Divers lieux, épars, méritent la visite : peut-être pas pour les touristes qui visitent le Guatemala durant quelques semaines, mais davantage pour ceux qui passeraient quelques mois au Guatemala, voire à la capitale. Je n’ai, jusqu’à présent, pas eu l’occasion d’en visiter beaucoup, ce que j’aurai sûrement l’opportunité de faire, le temps passant, mais voici une liste :

  • La « ville » Cayalá et sa promenade homonyme (Paseo Cayala), situées dans la zone 16 sont un lieu singulier de la capitale, ville nouvelle et artificielle, avec son théâtre néoclassique, ses bâtiments à l’européenne sur-sécurisés, ce lieu est une bulle où la bourgeoisie et la jeunesse dorée de la capitale peuvent jouir de la sécurité dans un cadre fait de chaînes de restauration moyen et haut-de-gamme, de galeries et de boutiques. Il y a là des appartements et la zone se développe avec des aires de loisirs, de promenade, etc. Elle permet de bien prendre conscience de l’addiction sécuritaire et de la quête d’artificialité sans cesse croissantes à quoi l’oligarchie se condamne pour ne vouloir pas partager sa richesse obscène. Le lieu donne à penser les privilèges de la bourgeoisie qui sont, en France, moins visibles ou moins accessibles au commun.
  • Parque ecologico Cayalá, zone 16, un espace vert dans un lieu raviné, plaisant lieu de promenade propre dans une capitale bruyante et agitée.
  • Stades de la foi : Caballeros et Cash Luna
  • Le parc écologique de la zone 10 (demander son nom à Laurent),
  • Cimetière général dans la zone 3
  • Kaminaljuyú, zone archéologique maya située dans la zone XXXXX
  • Musée Kaminaljuyú, musée de la zone 7 exposant une collection de pièces précolombiennes
  • Musée Miraflores, dans la zone 11, exposant une collection d’objet du site de Kaminaljuyú
  • Parc des robots, zone 17 : un des lieux les plus insolites de la capitale guatémaltèque
  • Autres parcs écologiques de la capitale : http://www.muniguate.com/index.php/salud/49-temas/3559-parquesecologicos

Netlinking : http://voyageforum.com/v.f?post=539349 

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