Écotourisme à Madagascar : quand l’environnement contribue au développement communautaire

Madagascar possède une biodiversité exceptionnelle qui est menacée par le défrichement de la forêt, dû essentiellement à la culture sur brûlis et à la fabrication de charbon de bois. Malgré les énormes richesses minières de l’île, la nature est l’une des richesses durables du pays, un atout pour sortir Madagascar de la pauvreté. Les paysans d’Anja ont parié sur l’écotourisme et en ont récolté tous les bénéfices. Un exemple à suivre et à encourager.

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Madagascar : nature exceptionnelle en danger

Madagascar dispose d’une nature unique au monde grâce son insularité. 90% de sa faune et 85 % de sa flore sont endémiques. Le singe lémurien avec 15 genres et 101 espèces en est le plus connu. Le ravinala (ou « arbre du voyageur »), devenu l’emblème de beaucoup d’opérateurs touristiques de par le monde, en est originaire.

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L’arbre du voyageur ou ravinala

Les traditions agricoles ancestrales malgaches consistaient à défricher et brûler un secteur de végétation naturelle pour le mettre en culture. On utilisait alors la parcelle pendant quelques années avant d’aller mettre à nu une nouvelle portion et on laissait la nature reprendre ses droits sur l’ancienne.

La démographie galopante du pays a également accéléré le défrichement et la régénération naturelle de la forêt n’est plus assurée. 90% de la surface forestière malgache d’origine a disparu selon les chiffres publiés par le ministère de l’Environnement et des Forêts malgache.

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Une parcelle de foret défrichée en vue de préparer la culture sur brûlis ou tavy.

Mais peut-on en vouloir à quelqu’un ? La population vit au jour le jour. Certains migrent vers la ville dans l’espoir d’un travail, d’autres continuent de perpétrer les méthodes agricoles traditionnelles pour cultiver la terre faute de formation, de moyens mais aussi par conviction. Les procédés ancestraux ont toujours nourri les hommes, la forêt a toujours été là : serait-il possible qu’elle disparaisse ? Ces certitudes sont remises en question quand il ne reste plus qu’une terre aride et déserte autour du village et que, finalement, il est déjà trop tard…

L’écotourisme à Madagascar : l’exemple du village d’Anja

Aujourd’hui, quelques hommes se mobilisent pour faire comprendre à leurs compatriotes qu’ils possèdent des richesses insoupçonnées et qui pourraient apporter à tous et aux générations futures une vie meilleure. Cette nature, qui fascine de nombreux curieux qui viennent de loin, représente un potentiel qui, exploité intelligemment et responsablement, pourrait apporter le développement à tout le village : école, eau potable, centre hospitalier… sans compter les emplois créés qui vont profiter directement à chaque famille.

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Le caméléon ou l’art du camouflage

De plus en plus, nous entendons parler d’expériences réussies dans différents villages. Celle que nous allons vous conter est celle du village de Anja connu grâce à la réserve naturelle homonyme. La réserve d’Anja est située à une dizaine de kilomètres au sud d’Ambalavao dans la province de Fianarantsoa, au centre-sud de Madagascar. En raison de la taille du pays ou des autres réserves malgaches, sa superficie de 13 hectares est lilliputienne, mais ses paysages magnifiques avec des vues panoramiques époustouflantes, sa biodiversité si accessible (des orchidées, des pachypodiums, des plantes médicinales, des oiseaux, des reptiles, des lémuriens qu’on approche si facilement) ont vite conquis le cœur des visiteurs.

Lemur catta : le nombre d’individus est passé de 100 à 600 entre 1999 et 2012.

Lemur catta : le nombre d’individus est passé de 100 à 600 entre 1999 et 2012.

Cette réserve, autrefois, défrichée pour cultiver du maïs a généré 35 000€ avec 12 000 visiteurs en 2011. Les revenus vont directement dans les caisses de la communauté villageoise. Les lémuriens, chassés auparavant pour pallier aux manques de protéines sont devenus la mascotte et constituent la première attraction. Aujourd’hui, grâce aux revenus générés par le tourisme et les produits artisanaux vendus aux visiteurs, Anja a pu construire deux écoles et payer les salaires des enseignants, investir pour de nouvelles méthodes agricoles alternatives donnant de meilleurs rendements.

Cette réussite n’a pu advenir sans mal. Il a fallu sensibiliser la population à la protection de l’environnement (les sources se tarissaient, les champs de culture s’ensablaient et la sécheresse menaçait), obtenir l’appui du service des Eaux et Forêts, et surtout, trouver des alternatives aux besoins des familles pratiquant la culture sur brûlis. Par ses propres moyens, l’association Anja Miray, qui gère la réserve, a financé les semences pour les cultures environnantes, a reboisé la forêt d’arbres autochtones, a rendu les sentiers praticables pour l’écotourisme avec l’entretien et le pavage des pistes.

En 2012, après une sélection parmi 800 candidats, l’association Anja Miray est devenu l’un des lauréats du Prix Equateur au Brésil. Ce prix a été initié par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour encourager les initiatives visant à « réduire la pauvreté par le biais de la conservation et de l’exploitation durable de la biodiversité ».

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Vue sur les rizières depuis l’une des collines de la réserve d’Anja.

 

Quel type de séjour choisir pour visiter Madagascar ?

De plus en plus de communautés villageoises et d’associations s’intéressent à l’écotourisme pour générer des sources développement. Trekking, tourisme rural, tourisme solidaire, etc. : les appellations sont nombreuses mais la finalité reste la même : l’apport de revenu direct pour l’amélioration des conditions de vie des autochtones et la protection de l’environnement.

Des tour-opérateurs se spécialisent dans le secteur. L’idée est de créer des circuits qui permettent d’apprécier la biodiversité du pays par des visites de parcs et de réserves tout en soutenant les actions de développement.

Si vous souhaitez visiter la réserve d’Anja ou d’autres initiatives similaires, n’hésitez pas à vous renseigner au près de Tsaradia Travel, un tour-opérateur local malgache qui organise des voyages d’évasion ou de détente dans le respect de la nature et de l’homme. Le souffle du vent aura effacé les traces de vos pas, mais votre séjour permettra d’ajouter une pierre à l’édifice du développement. L’écotourisme, c’est du plaisir pour l’accomplissement de tout un chacun.

Plus de renseignements sur le site de Tsarada Travel et sur sa page Facebook.

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Il y a 2 commentaires

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  1. Luis

    Partagé sur https://www.facebook.com/Andaovoyage 🙂
    L’écotourisme est une vraie piste de solution. Beaucoup de touristes pensent à leur impact et faire un vrai travail de recherche en amont de ses vacances est une démarche à encourager. Peut-on aller plus loin? Est-ce qu’on peut espérer que l’échange aille au-delà de la relation monétaire? Est-ce que les écotouristes du futur ne viendront pas pour partager leur savoir-faire, une compétence, une passion?
    Quelques pistes pour voyager autrement :
    Travel with a Mission
    Woofing (pas encore très développé à madagascar)
    Couchsurfing

    • Mikaël

      Bonjour Luis et merci pour cette intervention.

      Partager un savoir-faire, une compétence, une passion ne relève plus du tourisme (activité économique, donc supposant la transaction financière au centre de tout, activité de détente également, en immense majorité sur une durée courte), mais de la coopération internationale, ce que, d’un point de vue internationaliste et fraternaliste je trouve infiniment plus profitable aux individus et à l’amitié entre les peuples. Je préférerais imaginer une majorité de voyageurs mettant en partage leurs savoir-faire, pratiquant une immersion longue faire de curiosité réelle pour le pays et sa culture, et d’amitié, plutôt que cette superficialité au fond assez absurde, du tourisme qui, participant de la globalisation libérale, contribue à détruite les traditions et particularismes qui font la richesse et la diversité de l’humanité…

      Salutations,

      Mikaël


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