Cuba : le quotidien en contrastes de noir et blanc

Réalisé à l’occasion d’un voyage en novembre 2011 avec une délégation guatémaltèque, nous vous présentons, en diapositives, un aperçu du photo-reportage de Luis Estacuy Kunze à Cuba : une plongée dans le quotidien de l’île opiniâtrement communiste, en contrastes vifs de noir et blanc.

J’ai connu Luis Estacuy Kunze par l’entremise de ma femme, Sheila, qui le connaissait pour avoir travaillé jusque début 2013 près de son studio de photographe, à Quetzaltenango, dans l’ouest du Guatemala, et s’en être fait un ami. Luis est donc photographe et, ayant de longue date proposé à Sheila de réaliser les photos officielles quand elle se marierait, nous nous sommes rendus à son bureau. Les photos de mariage peuvent aisément tomber dans un kitsch accusé ; j’ai donc apprécié d’observer son travail, élégant et sobre. C’est en découvrant ses travaux que nous en sommes venus à discuter de photographie… et que je l’ai interrogé sur les travaux que j’étais certain qu’il réalisait par ailleurs. Il m’a donc montré ses photo-documentaires, notamment un travail sur la cavalcade annuelle de Todos Santos, que nous avons publié voilà quelques mois, ainsi qu’un travail sur Cuba d’un noir et blanc très contrasté, intense. C’est ce travail que j’ai le plaisir de présenter au lecteur, avec un préalable mot de l’auteur en guise d’introduction.

Le Guatemala est situé à plus ou moins 1500 km de Cuba, une distance physique relativement limitée ; mais, quant à la situation politique, sociale ou culturelle, celle-ci me semble plus importante. Par le simple fait de parcourir ses rues, d’écouter les gens, de regarder autour de soi, on commence à sentir la différence.

Le voyage réalisé en novembre 2011 a pour origine un appel à candidatures pour participer au festival annuel qu’organise la Casa de Iberoamérica (Maison de l’Amérique latine) à Holguín, une ville qui se trouve à 750 km de La Havane. À cette occasion, toutes sortes d’activités faisaient partie du programme de ce voyage comme par exemple la participation à des débats, une exposition photographique et la visite de centres culturels et de formation. La délégation de Quetzaltenango était composée de deux peintres, un sociologue, deux photographes et Héctor Rodas Andrade, éminent écrivain et celui qui fut chargé de convoquer les autres participants.

L’un des lieux les plus impressionnants, en raison de la qualité de sa formation et la façon systématique de conduire ses élèves sur le chemin de l’excellence académique, fut l’École vocationnelle artistique (EVA), un centre où, dès le plus jeune âge, l’on recherche les aptitudes des enfants pour les soumettre progressivement à une formation rigoureuse. Celle-ci leur permet de développer leurs aptitudes jusqu’au point d’effectuer un cursus de spécialisation qui peut culminer dans une des universités de La Havane, dans le domaine dans lequel les élèves se sont exercés depuis l’enfance. Il est évident que tous ne peuvent atteindre ce niveau de reconnaissance académique ni la compétence pour obtenir avec succès le parachèvement de cette formation d’excellence.

Il faut souligner que les médiateurs culturels sont de remarquables professionnels et que les événements qu’ils organisent sont de très bonne qualité car ils prennent en compte tous les aspects ayant rapport avec les profils des participants. La seule chose qui peut leur compliquer la tâche c’est le budget limité dont ils disposent qui les obligent à faire des miracles avec si peu de ressources. Dans notre cas, en tant que photographes, nous nous attendions à participer à des présentations, des conférences et des débats de photographes cubains dont bon nombre d’entre eux parlent merveilleusement. C’est peut-être parce que ce festival donne plus d’importance aux arts plastiques et littéraires.

Et comme toujours lorsque l’on aborde le sujet de Cuba, certains traits de la vie quotidienne ne peuvent que nous marquer. Je commencerai par le rite de certains réceptionnistes d’hôtels et leur manière si subtile d’offrir les services de compagnie de jeunes Cubaines. C’est un secret de polichinelle mais presque aucun touriste n’échappe à ce type de proposition. Ce dont j’ai pu m’apercevoir, car en fin de compte le contact avec elles est facile à nouer, c’est que malgré le fait que certaines le fassent régulièrement et d’autres selon leurs besoins, elles ont dans leur grande majorité une formation académique universitaire, ce qui est aussi le cas de nombreux taxis par exemple. Il y a de multiples manières de profiter de ce lieu, mais je crois que la plus intéressante pour moi a été de discuter avec les piétons éloignés des lieux touristiques. Ces gens, au début un peu réservés, une fois en confiance, manifestent dans leur grande majorité leur désaccord, particulièrement en ce qui concerne la limitation des rassemblements et l’acquisition de certains biens, car pour ce qui est de l’éducation, la santé et la culture, ils ne se plaignent pas, au contraire de ce que nous connaissons chez nous.

Pour conclure, je dirai que c’est un peuple extrêmement intéressant et que, indépendamment du système en vigueur chez eux, leur rythme de vie, leur attitude face à celle-ci et leur vision optimiste du futur n’ont pas d’égal ».

Remerciements à Sylvain Choin, pour son aide majeure à la traduction de ce texte de Luis Estacuy.
Profil Facebook de Luis Estacuy et son site professionnel, Kromo Imagen.

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