Une auberge de jeunesse écologique en plein cœur de Paris

Prévue pour fin 2012, l’inauguration de l’auberge de jeunesse écologique (AJ) Yves-Robert a finalement eu lieu en mai 2013. La construction même de l’édifice s’inscrit dans un projet plus vaste de réhabilitation des friches ferroviaires de la SNCF en éco-quartier, la zone d’aménagement concerté (ZAC) Pajol ; l’auberge de jeunesse, par exemple, a poussé à l’emplacement de l’ancien entrepôt de tri postal de la SNCF (« Halle Pajol »), dont elle a gardé la charpente métallique. Du reste, dans l’opération de réaffection des bâtiments environnants, ce sont aussi un collège et un IUT qui ont été construits, ainsi qu’un complexe sportif

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Le projet vient à la confluence de l’ambition de la Ville de Paris de développer l’hébergement pour les jeunes et du souhait exprimé par les conseils de quartier du XVIIIe arrondissement, de dynamiser le quartier. L’AJ est d’ailleurs conçue aussi comme un lieu d’accueil d’associations locales, le restaurant, le bar et l’auditorium étant ouverts aux non-résidents. La salle de spectacle située au sous-sol est, par ailleurs, à disposition de la Mairie du XVIIIe arrondissements cent jours par an.

Facade de l'auberge écolo de Pujol

Economies d’énergie et habitat passif : une architecture écologique

Bâtiment à énergie positive, c’est-à-dire qui produit plus qu’il ne consomme, l’AJ Yves-Robert est autonome en électricité, ses panneaux solaires représentant quelque 3300m² de surface photovoltaïque, ce qui en fait la plus grande centrale solaire urbaine de France. Le surcroît d’électricité produite est revendu à la Ville de Paris.

Compteur photovoltaïque

L’économie d’énergie et le recyclage sont au cœur du projet architectural, conçu par la Française Françoise-Hélène Jourda, spécialiste de l’architecture environnementale à la réputation internationale. Ainsi, des panneaux thermiques placés à l’extérieur assurent le préchauffage de l’eau, un système de récupération de calories est placé sur les descentes de douche, de sorte que l’eau usée sert à chauffer l’eau de la douche suivante. Situé au sous-sol, un puits canadien assure le refroidissement de l’air selon un procédé géothermique : l’air chaud est renvoyé sous terre, où il est rafraîchi avant d’être renvoyé dans le bâtiment. Pas de clim, donc !

Le fonctionnement d’ensemble du bâtiment relève de l’habitat passif. Ainsi, la déperdition de chaleur est évitée notamment,par une combinaison de bois et de béton d’une épaisseur de 40cm assurant une isolation à la fois thermique et sonore, ainsi que par l’absence de fenêtre ouvrable et le double vitrage. Un système de ventilation mécanique contrôlée à double flux garantit une aération à toutes les pièces, évitant les désagréments odorants d’espaces fermés. De larges ouvertures garantissant un éclairage naturel, ainsi que l’utilisation d’ampoules basse consommation favorisent également une économie d’énergie.

Côté matériaux, pour des raisons écologiques, la part belle est réservée au bois, plusieurs types étant utilisés. Un document explicatif qui nous a été remis par l’AJ Yves-Robert explicite :

Différents types de bois sont utilisés selon leurs spécificités et leurs fonctions. Leurs origines varient selon les exploitations capables de répondre aux quantités, à la qualité ainsi qu’aux contraintes exigées :

  • le sapin (de Suède, pour le plafond et les poteaux),
  • le mélèze (de Sibérie pour le bardage, d’Autriche pour les menuiseries),
  • l’épicéa (d’Autriche et d’Europe centrale, pour l’ossature),
  • le pin (de France, pour l’ossature lisse basse).

Conséquences environnementales : Une étude de l’ADEME [Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, NDLR] montre que le bilan carbone du bois n’est pas grandement affecté par le coût environnemental du transport, qui représente 10% au plus du bénéfice environnemental, et souvent bien moins. De plus, les bilans carbones les plus lourds ne correspondent pas nécessairement aux plus lointains trajets. La nature du transport joue un rôle essentiel, or les bois importés de Suède et de Russie ont bénéficié en majorité d’un transport maritime ou ferroviaire. Ces éléments assurent aux bois de la Halle Pajol un bénéfice environnemental certain.

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Dans un article du Huffington Post, Raphaëlle-Laure Perraudin, architecte du cabinet Jourda, affirmait que la démarche écologique a été assumée pleinement, les bois provenant de forêts éco-gérées : « Tous les bois sont certifiés. On a tracé le bois jusqu’aux gens qui scient les arbres ! ».

Avis de Kalagan

J’y suis allé en reportage pendant une nuit lors de mon passage d’une semaine à Paris cet été. L’endroit est assez impressionnant à première vue et j’ai bien apprécié la petite balade dans les jardins. J’avais plutôt l’habitude de me rendre dans des lieux écologiques en plein nature. Ici, c’est l’éco-contruction technique qui prend le dessus, ce qui donne une impression assez froide. Les chambres sont spacieuses, très propres, contiennent des armoires verrouillables si vous possédez un cadenas personnel. Sans avoir de charme exceptionnel pour l’instant (attendons la saison des floraisons, le jardin au pied de l’immeuble promettant de s’accorder merveilleusement à l’infrastructure métallique héritée de l’ancienne halle de la SNCF et à celle de bois), l’auberge me semble un bon endroit pour loger sur Paris. C’est assez bien placé et le tarif est raisonnable pour la capitale.

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Infos pratiques

L’auberge de jeunesse compte 103 chambres d’un à six lits. Elle compte une cuisine à disposition des résidents,

  • C’est où? 20, Esplanade Nathalie Sarraute, XVIIIe arrondissement, M° La Chapelle (ligne 2) et M° Marx-Dormoy (ligne 12)
  • Tarifs : 29,50€/nuit, petit-déjeuner inclus
  • Téléphone : (00 33) 1 40 38 87 90
  • Nota bene : au pied de l’AJ se trouve un jardin, ouvert au public fin 2013, constitué notamment de potagers. Un système de récupération de l’eau de pluie des panneaux photovoltaïques est destiné à approvisionner en eau ceux-ci, stockée dans des bassins.

Pour poursuivre :

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  1. As du Carreau

    Une bonne façon de voyager pas cher et écologique dans la capitale. L’auberge de jeunesse offre des chambres fonctionnelles et sobres à un prix très intéressant. On apprécie l’existence, dans les locaux, d’un bar et d’un restaurant. Et surtout, on profite des jardins, trop rares dans Paris. Belle réalisation !


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